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En route vers le Sud

Par : FJ Rthor, le 25 Juin 2013 à 20:29

Vous êtes sans nouvelle de nous depuis une semaine. Voici donc un petit tour d’horizon des derniers évènements passés.

Suite à notre retour du Project Chicchan, au cœur de la forêt du Peten, nous sommes retournés sur Flores, histoire de reprendre nos esprits et notre sommeil aussi, sorties de nuit = bouleversement des rythmes. Tellement d’émotions fortes durant ces deux semaines dues aux nombreuses rencontres avec une faune fantastique.

L’heure était aussi à la prise de décision concernant la suite de notre itinéraire. N’ayant malheureusement pas reçu les dernières bourses auxquelles nous avions postulé, le budget de l’expédition est à revoir à la baisse. Résultat de notre réflexion : nous avons fait une croix sur notre retour prévu au Belize et avons donc entamé plus rapidement que prévu notre descente vers le sud. La coupe budgétaire n’est pas négligeable, 400 euros d’économie, mais ce sont surtout trois projets de conservation qui ne seront pas aidés à leur juste valeur. Les programmes de réhabilitation de singes araignées, de singes hurleurs et de lamantins de l’organisation Wildtracks ; Les programmes de réhabilitation d’oiseaux Béliziens (principalement rapaces et perroquets) du Belize Bird Rescue ; et les programmes de conservation de la faune sauvage du parc national de Chiquibul de la station biologique Las Cuevas. C’est ainsi tout l’essentiel de cette mission de terrain de l’association qui se trouve ébranlé.

Pour ne pas nous laisser envahir par la désillusion, nous avons repris nos sacs, direction l’un des plus beaux sites archéologiques du monde maya, à 60 kms de là : Tikal. Nous avons orologi falsi rolex passé une nuit (sous tente) et une journée sur ce site impressionnant, hors du temps. Non seulement, les innombrables constructions mayas vous étourdissent, mais c'est surtout l'exubérance de la forêt tropicale qui vous saisit.

En haut du temple IV, vue vertigineuse sur le site de Tikal. A moyenne distance, le temple III, en arrière plan, les temples I et II au niveau de la place centrale

Pourtant, ce paysage verdoyant n’a rien à voir avec celui de la vie des cités mayas d’autrefois. La déforestation était à son apogée à cette époque. C'est alors une belle histoire, ce retour de la nature au travers des pierres sacrées.

Au pied du temple V

Si l'on s'éloigne de la place centrale, imposante mais apaisante, on assiste au spectacle d'une nature reine en ces lieux.

La nature reprend ses droits

Après 8h de marche, 11 kms, 18 500 pas, nous aurons fait de belles rencontres. On retiendra surtout celles de multiples groupes de singes araignées (Ateles geoffroyi) qui témoignent de la bonne santé de l'habitat.

Singes araignées

Et puis, d’autres observations fascinantes : tantale d’Amérique (Mycteria americana), dindon ocellé (Meleagris ocellata), grand hocco (crax rubra), cassique de Montezuma (Psarocolius montezuma), coati (Nasua narica), paca (Cuniculus sp), ou encore renard gris (Urocyon cinereoargenteus).

Tantale d'Amérique

Dans la jungle, on fait de moins belles rencontres aussi, comme celles des moustiques et des taons féroces. La main de Julien, suite à une piqûre de l'un d'entre eux, a doublé de volume. Ce n'est que 48 h plus tard qu’il retrouvera sa main originale. Pour ma part, je me suis dit que c'était chacun son tour. Il y a quelques jours encore, Julien rigolait à la vue de ma centaine de boutons de moustiques. Et toc !

La réplique omega speedmaster a été choisie comme la première montre prise à l’espace en 1969 le 21 juillet, quand les premiers humains ont atterri sur la lune pendant la mission Apollo 11. Il a été choisi en raison de son passé le test désigné par la NASA avec grande satisfaction. Speedmaster X-33 est connu comme le pionnier de l’exploration spatiale. Il a également d’autres modèles, y compris les analogiques, numériques et automatiques montres mécaniques. La montre fausse a été conçu comme chronographe de course et de sport, mais pas dans le but de l’exploration spatiale.

Sans commentaire...

Au revoir Tikal et la magnifique région du Peten. En route vers le Sud. Flores – Coban, 5h (en collectivo = mini-van qui s’arrête n’importe où sur sa route, pour n’importe qui ou n’importe quel colis, car il y a toujours de la place !), puis changement à Coban avec comme arrêt prévu, le biotope du Quetzal, 1h30, toujours en collectivo.

En privilégiant les transports à bas prix, on se retrouve au cœur de la vie locale, des travailleurs et des routines familiales. C’est surtout des moments de grande promiscuité, où il n’est pas rare de se retrouver à 30 dans un mini-van de 15 places. On prend son mal (de fesses et de dos) en patience pendant 3 ou 4 heures de route sinueuse. On contemple des paysages vertigineux de volcans couverts d’une forêt tropicale humide d’altitude, un délice pour les yeux.

Mission quetzal

Nous voilà donc en bord de route, samedi 22 juin, jour 69 de l’expédition, 100 % d’humidité, peu de lumière et submergés par l’odeur prononcée de la litière de forêt, à la recherche d’un pied à terre pour la nuit. Nous sommes là, à la quête du quetzal, cet oiseau mythique et parmi les plus beaux oiseaux du monde, si ce n’est lui qui se trouve sur la plus haute marche du podium. On sait qu’il faut être extrêmement chanceux si l’on veut l’apercevoir. Nous nous arrêtons chez Julio, un passionné du quetzal, qui a depuis de longues années ouvert les portes de sa maison à ceux qui cherchent le fameux oiseau. C’est apparemment là que nous aurons le plus de chance de le voir, nous ne serons donc pas regardants sur nos conditions d’hébergement plutôt médiocres. La fin justifie les moyens, la chance n’a pas tardé à nous sourire et bien plus que cela encore. Nous avons vu et revu, à une dizaine de reprises, plusieurs quetzals. En plus des coïncidences chanceuses, c’est probablement notre patience implacable qui nous aura récompensés. Nous avons campé au même endroit, les yeux levés sur la canopée, de 5h30 à 16h. On ne saurait justement vous décrire ce sentiment transcendant d’avoir sous ses yeux l’animal que certains traquent pendant des années et que d’autres rêvent de voir toute leur vie.

Un quetzal resplendissant mâle

On vous garde au chaud de belles surprises pour les expositions photos et le documentaire... 

Deux nuits et neuf observations de quetzals plus tard, le cœur réjoui, nous reprenons la route à 10h du matin, direction Antigua. C’est une partie du voyage un peu critique qui s’annonce. Le passage obligatoire par Guatemala city est loin d’être une partie de plaisir pour les touristes, cibles de toutes sortes de misères. 3h30 de collectivo pour arriver au terminal de bus et taxi. C’est le taxi, l’option la plus sûre et la plus chère, ça va de soi, que nous prendrons pour nous rendre de l’autre côté de la ville, au terminal des bus pour Antigua. 25 minutes de taxi et nous sommes déposés sur une avenue où tous les bus sont plus colorés les uns que les autres, tous des anciens bus scolaires américains, achetés aux enchères, qui profitent d’une seconde vie sous les peintures aux couleurs locales. Dernière étape donc, 1h30 de bus, entrecoupée de passages de vendeurs de cheap cartier replica watches choses étranges (barres de chocolat, coton-tige électronique ?, crayons, poudre de cacao…), toutes à prix cassée, bien entendu.

A notre descente du bus, Antigua, entourée de volcans, se dévoile à nous. Il règne ici un sentiment paisible et nous décidons de prendre un peu de temps pour étudier de nouveau la suite du parcours, écrire de nouveaux articles, recontacter les structures du Honduras, El Salvador, Nicaragua, Costa Rica et Panama…bref, une vie d’aventuriers bien remplie et, nous l’espérons, pleines de jolies surprises encore.

Antigua a perdu son statut de capitale du Guatemala suite au tremblement de terre dévastateur de 1773

Si vous souhaitez nous contacter, échanger avec nous, nous vous invitons à le faire pendant les prochains jours. Nous vous lirons ou vous parlerons avec grand plaisir.

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